vendredi 17 novembre 2017

Pour une histoire de la viande

Pour une histoire de la viande

Marie-Pierre Horard et Bruno Laurioux (dir.)

Presses universitaires de Rennes
Coédition avec les Presses universitaires François-Rabelais. 
Collection : Tables des hommes 
2017
Nombre de pages : 454 p.
ISBN : 978-2-7535-5349-1 


Ce livre invite au voyage dans les cultures carnivores, depuis les sociétés anciennes où la viande pouvait nourrir les dieux autant que les hommes, jusqu’à un monde de contradiction, où la « bidochemania » côtoie le véganisme, et où l’on recherche des viandes issues de l’agriculture biologique, produites dans des terroirs de qualité, tout en imaginant une alimentation de demain totalement déconnectée de l’animalité.

Écrire l’histoire environnementale au XXIe siècle

Écrire l’histoire environnementale au XXIe siècle : sources, méthodes et pratiques

Appel à communications

Colloque international du RUCHE, 
Lyon, 13-15 juin 2018

Relations de l’homme à son environnement naturel et aux autres êtres vivants ; production et traitement des déchets ; mobilisation et consommation de l’énergie ; nuisances et pollutions industrielles, agricoles et domestiques et leur impact sur la santé et les milieux ; usages et gestion des forêts, des littoraux, des espaces montagnards, des zones humides et des communs ; environnement urbain ; relation aux rivières ; environnementalisme ; catastrophes naturelles ou d’origine anthropique, climat, impact des grands aménagements… Les objets de l’histoire environnementale sont variés et les méthodes pour les aborder ne le sont pas moins. Depuis une douzaine d’années maintenant, les travaux et les publications d’histoire environnementale se sont multipliés en France, les contacts avec les chercheurs et les chercheuses d’autres pays travaillant dans ce champ également.

Certains des objets qu’elle étudie étaient, certes, considérés depuis longtemps par la géographie, l’histoire rurale ou d’autres disciplines, mais les questionnements ont été renouvelés et élargis, notamment à la lumière des problèmes de « soutenabilité » que posent les choix techniques et les modèles économiques de développement apparus à la fin du XVIIIe siècle, intensifiés et mondialisés au XXe siècle. Face à des questions aussi complexes, les chercheurs en histoire environnementale savent qu’aucune discipline ne peut prétendre, à elle seule, faire le tour des problèmes ni répondre à toutes les questions. Pluri- ou interdisciplinarité sont ici plus indispensables encore que dans d’autres domaines de la recherche en histoire. Interdisciplinarité entre sciences humaines et sociales, mais aussi entre disciplines relevant de traditions encore plus éloignées : sciences de la vie, de la nature, de la matière.

Pour ne prendre qu’un seul exemple, peut-on écrire l’histoire des pollutions induites par certaines activités humaines séculaires, la nature de leurs rejets dans l’air, dans l’eau ou dans le sol sans chercher à comprendre l’évolution des procédés de production et donc souvent de la chimie elle-même, ou sans notion d’éco-toxicologie ? Cette même histoire ne gagne-t-elle pas à s’associer aussi à ceux qui tentent d’estimer ce que les écotechnologies peuvent faire aujourd’hui pour remédier, au moins partiellement, aux dégâts issus du passé qu’elle étudie, faisant ainsi un lien utile entre passé, présent et futur ? Les questions environnementales sont des questions hybrides, à la fois sociales, économiques et culturelles, naturelles et techniques, qui ne peuvent être traitées valablement par une seule discipline, aucune d’entre elles n’étant apte à saisir toutes les dimensions des problèmes.

Cependant, comme l’expérience des réseaux pluridisciplinaires du CNRS l’a montré depuis le début de ce siècle, la pratique de l’interdisciplinarité est un défi souvent difficile à relever. Les difficultés tiennent aux spécificités de disciplines qui se sont parfois constituées en opposition les unes aux autres, chacune ayant son vocabulaire spécifique, sa façon d’aborder les problèmes, de poser ses questions et d’apporter la preuve. Elles tiennent également à l’usage de certains types de sources, aux durées que celles-ci permettent d’étudier, et donc à la nécessité, pour travailler ensemble, d’emboîter des échelles de temps très différentes les unes des autres, allant de quelques millénaires à quelques années. À l’intérieur même des frontières disciplinaires, un fossé sépare (plus ou moins nettement selon les périodes) ceux et celles qui travaillent à partir de sources écrites ou orales et ceux qui travaillent à partir des « archives du sol », quelle que soit la méthode qu’ils emploient pour les faire parler. Surmonter ces difficultés fait partie des défis qu’il nous faut relever pour bénéficier de la richesse d’un regard multidisciplinaire sur des objets d’étude aussi complexes que ceux auxquels nous confronte l’environnement.

Pour ses dix ans, le Réseau universitaire de chercheurs en histoire environnementale (RUCHE) invite les chercheurs de toutes disciplines travaillant sur des sujets en rapport avec l’environnement à réfléchir aux sources, enjeux et méthodes disciplinaires, pluridisciplinaires et interdisciplinaires qui nous permettent d’enrichir nos connaissances dans les domaines évoqués ci-dessus. Ce colloque est né à l’initiative d’historien.nes du RUCHE mais il espère intéresser des chercheurs et chercheuses largement au delà de la seule discipline historique, des périodes récentes et même des sciences humaines et sociales. Des propositions émanant de toutes disciplines seront les bienvenues, sous la seule condition qu’elles touchent à l’histoire environnementale. Les organisateurs espèrent que les propositions reçues lui permettront de mettre la rencontre entre disciplines au cœur de ses sessions.

Ses objectifs seront de

faire un bilan des principaux apports et des renouvellements scientifiques récents, par les objets ou par les approches, en mettant en valeur les acquis d’expériences importants, mais également, le cas échéant, en discutant les éventuels motifs de déception ou les difficultés rencontrées dans la pratique de l’interdisciplinarité. Comment les projets sont-ils conçus ? Cherche-t-on et parvient-on à croiser les disciplines, plutôt qu’à les juxtaposer ? Quelle plus-value ce croisement apporte-t-il pour nos connaissances ?

explorer des fronts pionniers ou les fronts négligés de la recherche en histoire environnementale, celle-ci étant conçue au sens très large d’approche, attentive à la temporalité, des interactions entre les sociétés et leur environnement.

réfléchir aux usages actuels des différents types de sources, à leurs apports respectifs, aux problèmes que posent leurs croisements. Comment historiens, géographes, archéologues, chercheurs en écologie historique, etc., peuvent-ils dialoguer et enrichir mutuellement leurs pratiques ? Comment faire s’emboîter les différentes échelles de temps et d'espaces ?

discuter l’utilité sociale de l’histoire environnementale. Très tôt, aux États-Unis, ce champ a participé à la « public history », une forme de science échangeant avec les collectivités publiques et cherchant à répondre à leurs besoins. Qu’en est-il en France où certains projets sont financés par un partenariat d’acteurs publics et privés ? Comment répondre aux demandes des acteurs du territoires, des élus pour que l'histoire environnementale contribue plus sûrement aux prises de décisions ? Quels problèmes spécifiques sont posés par la collaboration entre scientifiques et acteurs publics ? Quel langage adopter pour se comprendre ? À quelles limites se heurte, le cas échéant, la volonté d’utilité sociale de la recherche ?

Nous invitons les chercheurs et chercheuses intéressé.e.s à faire circuler cet appel dans leurs propres réseaux disciplinaires. 

Conférenciers invités

Christoph Bernhardt, Leibniz-Institut für Raumbezogene Sozialforschung, Berlin-Erkner (histoire urbaine et environnementale)
Martin Schmid, Alpen-Adria-Universität Klagenfurt in Wien (histoire du Danube et des cours d’eau)
Petra van Dam, Vrije Universiteit Amsterdam (histoire de l’eau à l’époque moderne)

Conditions de soumission

Les propositions, de 5 000 signes maximum, devront être accompagnées de quelques lignes de présentation de leur(s) auteur(s) et adressées à Stéphane Frioux, stephane.frioux@univ-lyon2.fr
Date limite d’envoi des propositions : 20 novembre 2017

Une réponse sera donnée aux auteurs avant la fin de l’année 2017 après examen de leur proposition par le comité scientifique.

Les organisateurs sont en train de réunir les financements nécessaires au colloque. Ils espèrent être en mesure de prendre en charge l’hébergement des communicants mais ne pourront pas rembourser les frais de déplacement que les participants devront donc financer par eux-mêmes. 

Comité d’organisation
Martine Chalvet, historienne, maître de conférences à Aix-Marseille Université, UMR TELEMME.
Florian Charvolin, sociologue, directeur de recherches au CNRS, Centre Max Weber.
Pierre Cornu, historien, professeur à l’université Lyon 2, Laboratoire d’études rurales.
Thierry Coanus, anthropologue, chargé de recherches à l’ENTPE, UMR Environnement Ville Société.
Marylise Cottet, géographe, chargée de recherches au CNRS, UMR Environnement Ville Société.
Anne Dalmasso, historienne,professeure à l’Université Grenoble-Alpes, Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (LARHRA).
Stéphane Frioux, historien, maître de conférences à l’université Lyon 2, Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (LARHRA), vice-président du RUCHE.
Nicolas Jacob, géographe, maître de conférences à l’université Lyon 2, UMR Archéorient.
Gwenaëlle Legoullon, historienne,maître de conférences à l’université Lyon 3, Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (LARHRA).
Geneviève Massard-Guilbaud, historienne, directrice d’études à l’EHESS, Centre de Recherche sur l’Environnement et le Développement (CIRED).
Charles-François Mathis, historien, maître de conférences à l’université Bordeaux-Montaigne, CEMC, président du RUCHE.
Comité scientifique
Mathieu Arnoux, historienmédiéviste, Université Paris-Diderot/EHESS (sous réserve)
Philippe Barral, archéologue du monde celtique, professeur à l’Université de Franche Comté, directeur de la Maison des Sciences de l’Homme et de l’Environnement C.-N. Ledoux.
Sabine Barles, urbanisme-aménagement, professeure à l’Université Paris I, UMR Géographie-Cités.
Corinne Beck, historienne médiéviste et archéologue, professeure à l'Université Université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis, directrice du Laboratoire CALHISTE.
Stéphane Frioux, historien contemporanéiste, maître de conférences à l’Université Lyon 2, UMR LARHRA.
Marc Galochet, géographe, professeur à l’Université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis, laboratoire CALHISTE.
Didier Galop, géographe, directeur de recherches CNRS, directeur du laboratoire GEODE (Université Toulouse Jean-Jaurès), directeur de l’Observatoire Hommes Milieux du Haut-Vicdessos.
Anne Marie Granet-Abisset, historienne,Professeure à l’Université Grenoble-Alpes, UMR LARHRA.
Geneviève Massard-Guilbaud, historienne contemporanéiste, directrice d’études à l’EHESS, CIRED.
Charles-François Mathis, historien contemporanéiste, maître de conférences à l’Université Bordeaux-Montaigne, CEMC.
Raphaël Morera, historien moderniste, chargé de recherches CNRS au CRH (Centre de Recherches Historiques).
Richard Oram, historien médiéviste, University of Stirling (sous réserve)
Giacomo Parrinello, historien contemporanéiste, assistant professor en histoire de l'environnement, Sciences Po Paris, Centre d’histoire de Sciences Po.
Dieter Schott, historien contemporanéiste, TU Darmstadt (sous réserve)
Tim Soens, historien médiéviste, professeur à l’Université d’Anvers.
Mathias Tranchant, historien médiéviste, Université de La Rochelle, UMR LIENSs (Littoral, Environnement et Sociétés)
Et les membres du CA du RUCHE

jeudi 16 novembre 2017

Les origines de la gynécologie américaine

Medical Bondage: Race, Gender, and the Origins of American Gynecology 

Deirdre Cooper Owens

Hardcover: 182 pages
Publisher: University of Georgia Press (November 15, 2017)
Language: English
ISBN-13: 978-0820351353


The accomplishments of pioneering doctors such as John Peter Mettauer, James Marion Sims, and Nathan Bozeman are well documented. It is also no secret that these nineteenth-century gynecologists performed experimental caesarean sections, ovariotomies, and obstetric fistulae repairs primarily on poor and powerless women. Medical Bondage breaks new ground by exploring how and why physicians denied these women their full humanity yet valued them as “medical superbodies” highly suited for medical experimentation.

In Medical Bondage, Cooper Owens examines a wide range of scientific literature and less formal communications in which gynecologists created and disseminated medical fictions about their patients, such as their belief that black enslaved women could withstand pain better than white “ladies.” Even as they were advancing medicine, these doctors were legitimizing, for decades to come, groundless theories related to whiteness and blackness, men and women, and the inferiority of other races or nationalities.

Medical Bondage moves between southern plantations and northern urban centers to reveal how nineteenth-century American ideas about race, health, and status influenced doctor-patient relationships in sites of healing like slave cabins, medical colleges, and hospitals. It also retells the story of black enslaved women and of Irish immigrant women from the perspective of these exploited groups and thus restores for us a picture of their lives.

Les corps malades dans l'Italie renaissante et moderne

Representing Infirmity: Diseased Bodies in Renaissance and Early Modern Italy


International Conference 

December 13-15, 2017

Monash University Prato Centre 


This conference represents the first analysis of how diseased bodies were represented in Italy during the ‘long Renaissance’, from the early 1400s through ca. 1650. Many individual studies by historians of art and medicine address specific aspects of this subject, yet there has never been an attempt to define or explore the broader topic. Moreover, most studies interpret Renaissance images and text through the lens of current notions about disease. This conference avoids the pitfalls of retrospective diagnosis, and looks beyond the modern category of ‘disease’ by viewing ‘infirmity’ in Galenic humoural terms. Papers explore what infirmities were depicted in visual culture, in what context, why, and when. Specific examples consider the idealized body altered by disease, and the relationship between the depiction of infirmities through miracle cures and through medical treatment. Speakers also examine how and why these representations change across media and over time. Thus, certain types of diseased bodies appear often in votive images, but never in altarpieces or sculptures; representations of wounds and sores grow increasingly less graphic and frequent, but with notable exceptions. Finally, it explores how the development of greater knowledge of the workings and structure of the body in this period, through, for example, the growth of anatomy, was reflected in changing ideas and representations of the metaphorical, allegorical, and symbolic meanings of infirmity and disease. The conference addresses the construction of the notion of disease, and aims to present a new paradigm for the field.

Read more about the Monash University Prato Centre here, including information on how to get to there.

The event is open to all and free of charge, no reservation required. For additional information, please contact: infirmity2017@gmail.com.

December 13

6:00 KEYNOTE 
Bill Kent Lecture: John Henderson (Birkbeck, University of London and Monash University), “Religion, Medicine and Art in the Time of Plague: Florence, 1630-33”
Reception 


December 14

09:45 MORNING SESSION
Registration 
Cecilia Hewlett (Director, Monash University Prato Centre), Welcome
John Henderson, Introduction 
Sheila Barker (Medici Archive Project, Florence), “Artistic Devices for Representing Internal Symptoms and Infirmities without Outward Symptoms”
Evelyn Welch (King’s College, London), “Breaking Skin in Renaissance Italy”
Discussion 

Coffee Break
Jonathan K. Nelson (Syracuse University Florence), “Cancer in Michelangelo’s Night: Temperaments in the New Sacristy” 
Danielle Carrabino (Harvard Art Museums, Cambridge, Massachusetts), “Early Modern Views of Goiters: Caravaggio’s Crucifixion of Saint Andrew” 
Discussion 

Buffet Lunch

2:45 AFTERNOON SESSION
Paolo Savoia (King’s College, London), “Suffering Through It: Representations of Bodies in Surgery in Italian Books, ca 1550-1650”
Diana Bullen Presciutti (University of Essex and Villa I Tatti: The Harvard University Center for Italian Renaissance Studies), “The Friar as medico: Picturing Leprosy, Institutional Care, and Franciscan Virtues in La Franceschina” 
Discussion 

Tea Break
Fredrika Jacobs (Virginia Commonwealth University), “Infirmity in votive culture: A Case Study from the Sanctuary of the Madonna dell’ Arco, Naples”
Jenni Kuuliala (Faculty of Social Sciences, University of Tampere), “Disability, Illness, and the Miraculous in the late sixteenth century: The San Carlo cycle of paintings in the Duomo of Milan.”
Peter Howard (Monash University, Melbourne and Prato), “Infirmity as ‘exemplum’ and Rhetorical Ploy in Renaissance Preaching”
Discussion 



December 15

09:45 DISCUSSION SESSION
Registration 
Michael Stolberg (Institut für Geschichte der Medizin, University of Würzburg), Discussant
General Discussion 

Coffee Break

GRADUATE STUDENT POSTER SESSION 
Margaret Bell (Department of the History of Art and Architecture, University of California, Santa Barbara) “The Spatiality of Infirmity in Renaissance Italian Painting”
Jennifer Gear (Department of the History of Art, The University of Michigan), “Exploring Plague and its Imaging in Seicento Venice”
Sara Berkowitz (Department of Art History and Archaeology, University of Maryland at College Park), “Beyond the Bearded Lady: Figuring Medical and Gender Ambiguity in Jusepe de Ribera’s Portrait of Magdalena Ventura and her Husband (1631)” 
Sarah McBryde (Department of History of Arts, Birkbeck, University of London), “ ‘A gifted dwarf’ in the court of Cosimo I de’Medici”
Discussion

mercredi 15 novembre 2017

La science en France

La science en France

Jean-Pierre Poirier et Christian Labrousse

Jean-Cyrille Godefroy
Collection : Essais
Pages: 1504
ISBN: 9782865532933


Ce dictionnaire réunit, pour la première fois en France depuis le XIXe siècle, les notices biographiques et bibliographiques de plus de 3000 hommes et femmes de science français – auteurs de grandes révolutions scientifiques, enseignants de talent, créateurs d’écoles de pensée, concepteurs d’instruments scientifiques, inventeurs méconnus, artisans de génie – qui, du XIe au XXIe siècle, ont contribué au progrès des sciences. Il constitue un instrument d’érudition pour les enseignants en histoire des sciences, en histoire des technologies, les étudiants, les bibliophiles, les libraires et devrait figurer dans toute les bibliothèques universitaires. Exhaustif et actuel, comme en témoigne la présence tous les récents bénéficiaires de prix Nobel, de prix Abel ou de Médaille Fields, il a pour objectif de mieux faire connaître aux jeunes générations le patrimoine scientifique dont ils sont les héritiers. Les auteurs ont été attentifs à ce que les textes en soient bien écrits, clairs, intelligibles et didactiques.

Les disciplines de la connaissance à l'époque moderne

Scientiae: Disciplines of Knowing in the Early Modern World


Call for Papers



16-19 May 2018

University of Minnesota, Twin Cities
Minneapolis, USA

The Programme Committee for the 7th Annual Scientiae Conference invites submissions for individual papers or special panels on the disciplines of knowing in the early modern world (roughly 1400-1800), to be held at the University of Minnesota, 16-19 May 2018.

The major premise of the Scientiae Conference series is that knowledge during the early modern period was pre-disciplinary, involving complex mixtures of theories, practices and objects, which had yet to be separated into their modern ‘scientific’ configurations. Although centred on attempts to understand and control the natural world, Scientiae addresses natural philosophy, natural history, and the scientiae mixtae within a wide range of related fields, including but not restricted to Biblical exegesis, medicine, artisan practice and theory, logic, humanism, alchemy, magic, witchcraft, demonology, divinatory practices, astronomy, astrology, music, antiquarianism, experimentation and commerce. The conference and the sessions are interdisciplinary and intended to foster debate, one of Scientiae’s defining values.

While the Programme Committee welcomes proposals for 20-25 minute papers from any disciplinary perspective, we would like to encourage submissions that seek to examine modes of early modern knowledge formation and application that cross traditional national, geographic, linguistic or intellectual borders.

For 2018, we would also like to invite proposals for a series of special 2-hour interdisciplinary panels. These should be organised by theme and include three speakers and a commentator who treat the issue from different disciplinary perspectives.

The Program Committee welcomes sessions that present the scholarship of members at various stages of their careers. However, graduate student speakers must be advanced students who have completed coursework, examinations, and much of their dissertation research, and expect to defend their dissertations in the next two years.

Individual papers should include a 250-word abstract and a 1-page CV. Panel proposals should consists of a single 250-word description of the theme under discussion, and three 100-word outlines of how each paper will contribute to this theme, and from what discipline/angle.

Email proposals to: scientiaeminnesota [at] gmail.com

Deadline: 25 November 2017.

We will notify all contributors by 5 January.

mardi 14 novembre 2017

Montréal, cité de l'eau

Montreal, City of Water. An Environmental History 

Michèle Dagenais 

Translated by Peter Feldstein
UBC Press 
2017


Built within an exceptional watershed, the city of Montreal is intertwined with the waterways that ring its island and flow beneath it in underground networks. Even as the city has pushed its suburbs deeper into the interior of the island and onto the mainland, the daily lives and leisure activities of its inhabitants have remained closely bound to water.

Montreal, City of Water focuses on water not only as a physical element of the urban landscape – both shaping and shaped by its development – but also as a sociocultural component of the life of the city. This unique study considers the role of water in the production and transformation of urban space over the last two hundred years, telling the story of Montreal through its connections to the natural elements on which it depends.

To explore how Montrealers have conceived of and experienced their relationship to water, Montreal, City of Water looks to both past and present. It traces the decisive role of water in the historical process of urbanization. And it shines a light on current concerns about water pollution, river rehabilitation, and renewed public access to the riverfront – and the power relations involved in addressing those concerns.

Montreal, City of Water will interest scholars and students of urban environmental history, urbanization, and urban planning, particularly those with a focus on water history and urban rivers. Historians of Montreal and the St. Lawrence River region will also find this study invaluable.

Donner la parole aux « sans-voix »

Donner la parole aux « sans-voix » ? Acteurs, dispositifs et discours

Appel à communication


Colloque international organisé par le Céditec EA 3119

Université Paris-Est Créteil
21-22 juin 2018

 
Si le problème de la liberté d’expression a longtemps dominé les réflexions et les débats sur le fonctionnement des arènes publiques, la question de l’accès des groupes sociaux les plus démunis à la prise de parole légitime a été constituée au cours des dernières décennies en un problème public à part entière. Les conditions de l’accès de ces groupes à l’expression publique et de l’audibilité de leurs discours sont aujourd’hui interrogées par de nombreux acteurs (associations, syndicats, partis, intellectuels, travailleurs sociaux, journalistes, éditeurs, etc.) qui proposent des dispositifs destinés à « donner la parole aux sans-voix ». L’objectif de ce colloque est d’examiner, dans une perspective interdisciplinaire, les modalités, les formes et les enjeux de ces offres de prise de parole dans des contextes politiques et sociaux variés : les acteurs qui les promeuvent, les dispositifs qui les configurent et les discours qui les accompagnent.

Les sciences sociales, notamment la sociologie politique ou encore l’histoire sociale, se sont principalement intéressées jusqu’à présent aux conditions d’accès et de légitimité de la parole de groupes dominés ou à « faibles ressources » dans les espaces de construction des débats publics : ouvriers, immigrés, déviants, minorités ethniques, sexuelles, SDF, exclus, femmes, enfants ou jeunes. Ces groupes sont parfois rassemblés dans des catégories comme celles d’« inaudibles », d’« invisibles », de « sans visage », de « publics fragiles » ou de « groupes subalternes ». Peu de recherches se focalisent sur le travail de catégorisation qui contribue à faire exister ces groupes, qu’il soit mené par des entrepreneurs de problèmes publics (agents de l’Etat, professionnels de l’information, de l’animation socio-culturelle ou de la santé, travailleurs sociaux, militants, artistes, etc.), ou par les chercheurs eux-mêmes. Ces derniers ont pu par ailleurs s’interroger (EHESS, mars 2016) sur les conditions de recueil, l’audibilité, la crédibilité et l’intelligibilité des paroles des « sans-voix ».

L’anthropologue américain James Scott (2009) considère que les occasions où la parole authentique des « subalternes » se fait entendre publiquement sont des exceptions plutôt que la règle, et qu’elle s’exprime le plus souvent de manière dissimulée ou déguisée dans des espaces confinés, souvent difficiles d’accès pour l’historien ou l’ethnologue. On peut s’interroger sur les processus et les agents qui contribuent, à publiciser ce « texte caché » (hidden transcript) et les effets que leurs interventions peuvent produire sur ce dernier. On peut aussi se questionner sur la nature et la texture de cette parole d’autant plus difficile d’accès pour le chercheur qu’il ne la trouve jamais à l’état « brut » mais toujours partiellement transformée par les dispositifs qui en déterminent les conditions d’énonciation et de réception. Dans quelles circonstances et en quels termes des agents en viennent-ils à endosser un rôle de porte-parole ou de représentant de ces « sans-voix », au risque de reproduire les mécanismes de captation symbolique que certains entendent précisément dénoncer ? Quels sont les supports, les formes, les formats et les genres qui fournissent les médiations privilégiées d’expression de cette parole ? De quelle façon l’institutionnalisation de ces catégories et problématiques de sens commun ou savantes est-elle susceptible d’ouvrir ou de refermer l’espace du possible et du pensable sur les problèmes dont souffrent les « sans-voix », et les solutions susceptibles de leur être apportées dans le domaine de l’action sociale, de la répartition des richesses, de l’éducation, des médias, de l’action gouvernementale ?

Il s’agira, de façon complémentaire, d’analyser les paroles tenues par ces « sans-voix » lorsqu’ils parviennent, dans les espaces ou les dispositifs qui sont mis à leur disposition, à s’exprimer publiquement. Comment analyser ces paroles privées rendues publiques par un jeu de sélection, de mise en scène et de mise en mots sur lequel les locuteurs n’exercent, au mieux, qu’un contrôle partiel ? Quels indices permettent d’analyser les transformations que subissent ces paroles, lorsqu’elles font l’objet d’un processus de publicisation, et/ou lorsque ces groupes se dotent ou se voient dotés de « porte-paroles » s’exprimant en leur nom ? Quels effets en retour produisent ces formes d’expression sur ceux qui contribuent à les rendre visibles et audibles ? Enfin, on s’interrogera sur les conditions de réception et d’audibilité de ces paroles : quelles sont les logiques qui président à leur circulation dans l’espace social ? Comment sont-elles interprétées ou retraduites en fonction des publics qui les reçoivent ? Les dispositifs qui les produisent jouent-ils un rôle d’émancipation ou contribuent-ils à des formes paradoxales d‘enfermement des locuteurs dans des rôles et des catégories imposés ?

Un dernier axe de réflexion peut en effet reposer sur l’analyse des dispositifs eux-mêmes : l’offre de prise de parole peut se matérialiser dans des formes aussi diverses qu’une collection dans une maison d’édition, une émission de télévision, des groupes de parole ou des blogs, ou encore un dispositif institutionnel dans le cadre scolaire, sanitaire, culturel… Autant d’agencements matériels et symboliques qui ne seront pas envisagés dans ce cas comme un simple lieu où saisir des objets d’investigation, mais bien comme des espaces organisés et organisant des relations sociales.

Le colloque se situe dans une perspective pluridisciplinaire et nous invitons sociologues, anthropologues, historiens de la culture, politistes, sémiologues, linguistes et analystes du discours à présenter leurs travaux et à partager leurs analyses et réflexions.

Organisation
  • Deux conférences plénières : confirmée : Philippe Artières, historien, directeur de recherche, CNRS, Institut interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain.
  • Format des communications : 30 mn
  • Deux tables rondes, avec des intervenant-e-s invité-e-s
Langues : français ou anglais, de préférence avec un support en français dans ce dernier cas.


Soumission des propositions

Les propositions de communication devront comporter :
  • Nom(s) et prénom(s) de(s) l’auteur-e-(s),
  • Rattachement institutionnel
  • Titre, résumé de 2500 signes, bibliographie comprise, 5 mots clefs
Elles seront anonymisées et soumises à deux évaluateurs du comité scientifique, qui seront particulièrement attentifs à l’articulation entre la méthodologie employée, le cadrage théorique et la nature des données empiriques étudiées.

Elles sont à envoyer en format texte (.doc, .odt, .text ou .rtf) à l’adresse suivante :

Les participants seront ensuite invités à envoyer un texte de 20.000 signes pour le 09/05/2018

Calendrier :

– Envoi des propositions de communication (titre, résumé, rattachement institutionnel) pour le 01/12/2017

– Notification d’acceptation : le 31/01/2018

– Envoi d’un texte développé : 09/05/2018

Les frais d’inscription, qui seront indiqués dans le courant du premier semestre, seront à la charge des participants.
Plus de notes, détails, références et précisions, ainsi que le texte en anglais, figurent dans la pièce jointe.

Comité d’organisation :
Dominique Ducard, Benjamin Ferron, Emilie Née, Claire Oger (UPEC, Céditec)

Comité scientifique :
Sonia Branca-Rosoff (Université Sorbonne Nouvelle, CLESTHIA)
Cécile Canut (Université Paris Descartes, CERLIS)
Dimitri Della Faille (Université du Québec en Outaouais, Cédim/GRICIS)
Aude Gerbaud (Université Paris-Est Créteil, Céditec)
Corinne Gobin (Université libre de Bruxelles, GRAID)
Jacques Guilhaumou (CNRS, Triangle)
Frédéric Lambert (Université Paris 2, CARISM)
Joëlle Le Marec (Université Paris-Sorbonne, GRIPIC)
Ida Machado (Universidade federal de Minas Gerais, NAD)
Daniel Mouchard (Université Sorbonne Nouvelle, ICEE)
Caroline Ollivier-Yaniv (Université Paris-Est Créteil, Céditec)
Julie Pagis (CNRS, CERAPS)
Marie-Anne Paveau (Université Paris 13, PLEIADE)
François Perea (Université Montpellier 3, Praxiling)
Alain Rabatel (Université Lyon 1, ICAR)
Juliette Rennes (EHESS, Cems)
Ruth Wodak (Lancaster University / Université de Vienne)